Hommage aux martyrs contemporains – 22 avril 2017

Deux articles de Radio Vatican

Ce samedi 22 avril 2017, le Pape s’est rendu à la basilique
Saint-Barthélémy, sur l’île tibérine,
pour une liturgie de la Parole en l’honneur
des nouveaux martyrs des XXème et XXIème siècles

Le choix de cette basilique romaine, confiée à la Communauté de Sant’Egidio, n’est pas un hasard… En l’an 2000, en vue du Grand Jubilé, le saint pape Jean-Paul II institua une commission de travail sur les «nouveaux martyrs» de notre temps ; cette commission, qui avait son siège dans les locaux de cette basilique, travailla durant deux ans, et recueillit près de 12 000 dossiers de martyrs du monde entier. Et c’est en 2002, au cours d’une célébration œcuménique, que cette église devint le mémorial visible de ces témoins de la foi.

Elle accueille en effet de nombreuses reliques, croix, bibles, bréviaires, lettres, cahiers, objets personnels et intimes ayant appartenu à des prêtres, évêques, laïcs, adultes et enfants, de tous pays, de tous âges qui ont traversé ces deux derniers siècles. Martyrs du communisme, du nazisme, des mafias d’Amérique latine, du terrorisme islamiste… Tués ou emprisonnés pour avoir refusé l’injustice, pour avoir défendu les plus faibles, pour avoir prêché l’Évangile, pour ne pas avoir renié leur foi dans le Christ, ou simplement parce qu’ils étaient chrétiens.

Parmi les objets exposés figurent une lettre du père Christian de Chergé, le prieur de l’abbaye de Tibhirine, tué en Algérie en 1996, mais aussi le bréviaire du père Jacques Hamel, tué dans son église en Normandie le 26 juillet 2016, ou encore le cahier d’écolier d’un jeune chrétien pakistanais tué lors d’un attentat à Lahore en 2015.

Cette liturgie de la Parole revêt un sens particulier, dans un contexte où les chrétiens affrontent de terribles persécutions, en plusieurs régions du monde.

La célébration du 22 avril 

La cérémonie a commencé par des témoignages de proches de martyrs contemporains, comme celui de Karl Schneider, fils d’un pasteur tué par les nazis à Buchenwald ou de Roselyne, la sœur du père Jacques Hamel, assassiné en juillet 2016, dont le bréviaire repose dans l’église, et dont le procès en béatification vient d’être ouvert.

Témoignage de la sœur du père Jacques Hamel

Jacques était fort de sa joie dans l’Évangile, il a livré un témoignage pour le monde entier dont nous ne mesurons pas encore l’ampleur, a dit Roselyne Hamel. Le Pape, d’une voix grave a ensuite pris la parole. Vêtu d’une étole rouge, couleur du sang des martyrs, il a rappelé les paroles du Christ : N’ayez pas peur ! Le monde vous haïra mais sachez qu’avant vous il m’a haï.

Combien de communautés chrétiennes sont aujourd’hui objet de persécutions ! a martelé François soulignant que l’Église avait besoin de martyrs et de saints de tous les jours. Sans eux, l’Église ne peut aller de l’avant, ils sont les témoins qui portent en avant l’Église, ceux qui attestent que Jésus est ressuscité, qu’il est vivant, ils l’attestent avec la cohérence de leur vie et avec la force de l’Esprit Saint qu’ils ont reçu en don.

Un héritage qui nous donne paix et unité

Faire mémoire de ces témoins de la foi et prier ici est aussi un grand don, a souligné le Saint-Père, qui est sorti de son texte pour évoquer avec émotion cette femme qui nous regarde du ciel, une chrétienne dont il avait rencontré le mari lors de sa visite au camp de réfugiés de Lesbos en 2016. Cet homme est musulman et sa femme, à qui on a demandé d’enlever sa croix a été égorgée devant lui, s’est remémoré le Pape, rappelant que cet homme portait intérieurement la croix de la souffrance d’avoir perdu sa femme, mais ne manifestait aucune rancœur.

L’héritage vivant des martyrs nous donne paix et unité, a t-il poursuivi, ils nous enseignent qu’avec la force de l’amour, avec la tendresse, on peut lutter contre l’intimidation, la violence, la guerre et on peut réaliser avec patience cette paix.  Après avoir prononcé son homélie, le Pape s’est ensuite recueilli devant plusieurs reliques situées dans les chapelles latérales de cette basilique, portant la mémoire des martyrs du génocide rwandais, de ceux du communisme, du nazisme, des mafias, des narcotrafiquants. Il a rencontré également dans une salle jouxtant la basilique des familles de réfugiés pris en charge par la communauté Sant’Egidio.

Nouvel appel pour les migrants

Après cette rencontre informelle et chaleureuse avec ces réfugiés, le Pape François s’est adressé à la foule rassemblée sur le parvis en ces termes : Je vous remercie pour la présence et la prière en cette église des martyrs. Pensons à la cruauté, la cruauté qui aujourd’hui s’abat sur tellement de gens. Les gens qui arrivent en barques et ensuite restent là, dans des pays généreux comme la Grèce et l’Italie qui les accueillent, mais que les accords internationaux empêchent de circuler, a regretté le Pape.

Si en Italie chaque commune accueillait deux migrants, il y aurait de la place pour tout le monde. Et que cette générosité du sud, de Lampedusa, de la Sicile, de Lesbos, puisse contaminer un peu le nord. C’est vrai : nous sommes une civilisation qui ne fait pas d’enfants, mais nous fermons aussi la porte aux migrants. Ceci s’appelle un suicide. Prions ! a exhorté le Pape, avant de se retirer.

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