Le curieux pèlerinage des hommes en noir…

Tous les matins du Carême, à Rome, une activité se déroule loin des touristes et des circuits balisés : le pèlerinage aux églises stationnales. Une pratique pourtant multiséculaire, et très actuelle. Reportage paru sur Aleteia.

Rome, au petit matin. Dans l’aube naissante et fraîche du début de printemps romain, des hommes en noir, à pied ou à vélo. Ils convergent en silence, au rythme du chapelet, vers l’une des plus anciennes églises de la ville : la basilique Saints-Côme-et-Damien, à l’entrée du Forum. Il est 6h45.

Quinze minutes plus tard, dans l’église, le son d’une cloche donne le signal : une centaine de voix masculines s’élève paisible et puissante. C’est le début de la messe. En fermant les yeux, on pourrait se croire dans un monastère bénédictin… Sauf qu’on est bien au cœur de Rome. Il s’agit d’une messe stationnale du Carême.

Chaque matin du Carême, le Collège des séminaristes américains perpétue, depuis plus de quarante ans, une des plus anciennes traditions de Rome. Il faut remonter en effet au début de l’ère chrétienne pour en retrouver l’origine. De quoi s’agit-il ? D’une sorte de pèlerinage tout à fait inhabituel, qui porte le nom de station, et auquel les papes eux-mêmes se joignaient à l’époque, jusqu’à leur exil en Avignon. Aujourd’hui encore, on en trouve une trace le mercredi des Cendres, lorsque le successeur de Pierre ouvre le Carême sur la colline de l’Aventin, à Sainte-Sabine.

À l’origine, la tradition des églises stationnales a été inaugurée par le pape Grégoire Ier (590-604), voulant ainsi mettre un terme à la décadence ecclésiale. Ainsi, dans certaines églises de Rome, désignées comme des églises stations, un cérémonial plus solennel était mis en place chaque jour du Carême, notamment pour ceux qui avaient commis des crimes. Une sorte de pénitence publique, en quelque sorte. Le mercredi des Cendres, par exemple, les criminels devaient se présenter devant l’église, pieds nus, et couverts par un sac.

Plus tard, saint Philippe Néri, grand apôtre de Rome au moment de la Renaissance, la remettra à l’honneur cette pratique oubliée, avec son pèlerinage aux sept basiliques (qui fait également l’objet d’un renouveau), pour proposer à la population une alternative spirituelle au carnaval et à toutes ses dérives…

Églises oubliées

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P.S. La photo ci-dessus a été prise à Saint-Pierre-ès-Liens, l’une des églises stationnales.

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